Le guide de l'élagage à Lens
Un patrimoine arboré façonné par l'industrie : la région la moins boisée de France a compensé par ses arbres de ville. Les industriels du textile ont planté au XIXe siècle des parcs entiers autour de leurs villas, des parcs de Lens à Liévin : cèdres, séquoias, hêtres pourpres, platanes et marronniers y ont aujourd'hui entre 90 et 140 ans. Les alignements de tilleuls et de platanes ont accompagné les grands boulevards. Les courées ouvrières ont reçu plus tard un arbre unique dans un carré de terre. Puis la ville nouvelle et les lotissements des années 1960 à 1990 ont planté par milliers des essences à croissance rapide : chênes rouges d'Amérique, érables, bouleaux, épicéas et sapins bleus. Ces trois générations arrivent aujourd'hui ensemble au moment où il faut décider : conserver, réduire ou remplacer. C'est la question que nous tranchons à chaque visite.
La chalarose du frêne et les autres menaces sanitaires : la chalarose, causée par un champignon venu d'Asie, a été détectée dans le Nord en 2009. Elle a dévasté les frênaies des Hauts-de-France au point que l'Office national des forêts a dû fermer temporairement des forêts domaniales au public en 2017 et engager un chantier de replantation étalé sur vingt ans. Dans les jardins, le scénario est le même : rameaux secs dès l'été, couronne qui se dégarnit du haut, lésion au collet, bois qui devient cassant. Il n'existe pas de traitement ; une petite part des frênes montre une tolérance naturelle et mérite d'être surveillée. La mineuse du marronnier brunit les feuilles dès juillet sans tuer l'arbre, mais l'épuise année après année. La maladie de la suie touche les érables sycomores stressés. La processionnaire du chêne progresse dans le Nord et installe des nids urticants dont les poils restent actifs même vides. Enfin, les étés secs répétés depuis 2018 ont épuisé les réserves des arbres sur les sols compactés des jardins de ville. Nos pages Frêne malade et Arbre mort ou dépérissant détaillent ces situations.
Tempêtes d'ouest et sols argileux : D'octobre à mars, les dépressions atlantiques traversent la plaine du Nord avec des rafales qui dépassent régulièrement 100 km/h. Elles arrivent sur des sols argileux gorgés d'eau, qui tiennent mal les arbres à racines superficielles : épicéas et sapins bleus de lotissement, peupliers de rideau, saules de bord d'eau, frênes affaiblis. L'arbre ne tombe pas toujours pendant la tempête : il bascule au ralenti, et le sol se fend du côté opposé à l'inclinaison. Un allègement de couronne et un retrait du bois mort en automne réduisent fortement les casses. Après un épisode venteux, nous intervenons par ordre de danger : arbres sur bâtiment, branches suspendues au-dessus des passages, sujets penchés. Voir Dégâts après tempête et Arbre penché.
Travailler dans les courées et les jardins sans accès : C'est la particularité du Nord. Dans les corons de Lens, les cités de Liévin, les cours du centre-ville et les jardins en lanière d'Avion, il n'existe pas de passage arrière : tout entre et ressort par le couloir de la maison. Nos élagueurs grimpeurs démontent l'arbre section par section, chaque pièce étant ancrée, freinée par un homme de pied et posée au centimètre dans le jardin, puis débitée à 50 cm pour passer par la maison. Les sols, les tomettes et les murs sont bâchés. Le broyage se fait sur remorque dans la rue, avec réservation d'un créneau de stationnement quand c'est nécessaire. Cette méthode ne demande ni grue ni nacelle et fonctionne là où les autres renoncent.
Le patrimoine arboré protégé et la question du remplacement : abattre un grand arbre n'est jamais anodin. Sur le territoire de la métropole, une partie des sujets remarquables est protégée au PLU et certains abattages imposent une replantation. Au-delà de l'obligation, la question se pose à chaque chantier : par quoi remplacer ? Sur les sols argileux et humides du Nord, le chêne pédonculé, le tilleul, le charme, l'érable champêtre et le merisier s'installent bien et supportent les hivers détrempés comme les étés secs. Dans une cour ou un jardin étroit, mieux vaut une essence à développement modéré, conduite en cépée, qu'un conifère qui atteindra 25 m. Nous préparons le sol après rognage de souche et vous orientons sur l'essence et la distance de plantation.